Municipales

Cap sur 2026  !

50 Mesures pour une Ville Écologique et Vivante


Ecologie Positive est un mouvement politique né en 2022 . Il est né de la volonté d’élus en responsabilité dans des collectivités locales et d’acteurs du monde de l’environnement qui ont eu envie de porter une écologie dont le centre d’intérêt est l’environnement avant toute chose. Ancrée sur le terrain et confrontée au réel, cette écologie, si elle veut avoir des résultats, ne doit pas s’enfermer dans le dogmatisme mais se baser sur des données scientifiques et techniques. Surtout, elle doit savoir parler à tous.


Cette posture pragmatique se traduit notamment par un souhait de prendre en compte l’apport des milieux entrepreneuriaux et économiques qui sont des acteurs incontournables de la transition écologique. Notre approche considère que les 3 leviers de la transition écologique, sans doute à part égale, sont

  • les changements de comportements,
  • les évolutions réglementaires et fiscales,
  • et les réponses issues des innovations techniques et scientifiques. 


Le contexte des élections municipales de 2026 nous conduit à inviter les candidats à qui nous nous adressons à :


  • porter une ambition forte dans la lutte contre le changement climatique et la décarbonnation des communes, leur adaptation à ce même changement climatique, l’amélioration de la qualité de l’air, de l’eau et des sols, le développement du tri des déchets et l’économie circulaire afin d’offrir des solutions structurantes pour l’économie de matière première à l’échelle locale, et la protection de la biodiversité pour redonner leur chance aux écosystèmes.
  • réussir les défis précédents en s’appuyant impérativement sur un tissu économique vivant et engagé. L’écologie à laquelle nous croyons ne peut et ne doit pas s’opposer au monde entrepreneurial qui, bien au contraire, est un véritable allié permettant de concilier développement économique et verdissement de notre modèle.


  • répondre au besoin de sécurité et de lutte contre les incivilités, demandées par un nombre croissant de français. Ce sujet, bien qu’a priori éloigné des enjeux environnementaux, apparaît néanmoins comme un point de blocage idéologique dans les mairies gérées aujourd’hui par EELV/Les écologistes. Ce n’est pas notre cas. Lutter contre les incivilités de manière générale est une aspiration parfaitement compatible avec l’envie de porter fortement l’ambition écologique.

D’ailleurs, pour lutter contre la pollution de l’air, le bruit, les déchets sauvages, ou la dégradation de milieux naturels, la vidéo-protection et le renforcement de la verbalisation sont des réponses efficaces.


L’approche des municipales nous donne l’occasion de traduire concrètement notre vision en portant sur la place publique une série de propositions et de suggestions à destination des candidats aux élections municipales, à la

fois ceux qui sont d’ores et déjà dans nos rangs, mais aussi ceux qui pourraient vouloir reprendre tout ou partie de

nos suggestions dans leurs programmes et projets pour la prochaine mandature.


Ces municipales de 2026 auront un caractère particulier.


Elles verront un renouvellement d’équipes municipales qui ont toutes été élues dans un moment de grande confusion en 2020. avec deux tours organisés en plein confinement COVID. Tout est resté bien évidemment parfaitement démocratique mais les résultats des élections de 2026 seront une inconnue plus importante que d'ordinaire, avec une forme de “retour à la normale” dont personne ne mesure réellement l’impact.


Notons que, même si le principal parti politique écologiste est à nos yeux un parti qui incarne mal l’écologie à laquelle nous

croyons (réformiste, ouverte, non sectaire), il a, en 2020, remporté, à la surprise générale, plusieurs grandes villes en France, parfois seul et sans alliance. Le contexte “covid” n’y était sans doute pas étranger, non seulement du point de vue de la confusion évoquée plus haut, mais aussi au regard de l’état d’esprit dans lequel les français étaient à ce moment précis du

vote. Traversant une pandémie mondiale, l’inquiétude était forte, ramenant à des questionnements fondamentaux concernant la possibilité de vivre en bonne santé et les liens entre cette maladie et les atteintes à l’environnement.


Cette période “pandémique” a pu créer, en 2020, un sentiment général en faveur d’un vote “santé/environnement” dont le débouché politique a été en faveur de partis portant le message écologiste.

Mais les équipes élues ont ensuite révélé un visage assez peu en correspondance avec l’expression sincère de leurs électeurs. Ils ont pris la gestion de leur ville de manière peu professionnelle, chaotique, avec des messages et des choix déroutants (sapins de Noël interdits à Bordeaux, désir de changer les rêves des enfants sur les avions à Poitiers, autorisation des burkinis à la piscine à Grenoble, financement d’une mosquée proche du régime du président Erdogan à Strasbourg), le tout révélant des agendas assez peu environnementaux.


Le besoin d’écologie, le désir d’écologie, l’impératif écologique restent entiers. Malheureusement, les mots “écologie” et “écologiste” ne suscitent, aujourd’hui, plus du tout la même unanimité. Une certaine forme d’écologie, radicale ou déconnectée du terrain, a fini par heurter une partie importante des français alors même qu’ils restent convaincus que nous devons trouver les réponses au dérèglement climatique, aux réductions des pollutions et à l’érosion de la biodiversité. Restaurer l’image de l’écologie, redonner aux maires l’envie de porter ce message, passe donc par la manière d’en parler et de porter des solutions. Pour nous, notre vision est celle d'une écologie plus ouverte, moins sectaire, plus à l’écoute de tous, moins dogmatique pour ne jamais confondre objectif et

solutions.


Enfin, les situations nationale, européenne et internationale nous invitent à revoir les propositions passées et adapter fortement nos axes et nos programmes.

Le contexte budgétaire ne peut pas permettre d’envisager des programmes coûteux. Bien au contraire, les propositions doivent être sérieuses et s’inscrire dans une maîtrise de la dépense publique. L’argent public reste le fruit du travail de tous.


Nous avons l’obligation de prioriser nos actions et oser stopper celles devenues “luxueuses”. C’est pourquoi, même si nous plaidons et insistons pour que l’écologie reste une priorité dans les actions municipales, nous devons penser les mesures à l’aune de leur rapport coût/bénéfice.



Les situations internationale et européenne, elles aussi, ne peuvent être ignorées dans la campagne des municipales.


Les communes ne sont pas des mondes sous cloche qui peuvent ignorer ce qui se passe dans le monde. Nous dépendons de manière excessive à la fois des importations de matières (chinoises et d’Asie du sud-est principalement) et des énergies fossiles (Russie, pays du Golfe et Etats-Unis). Nos relations avec ces ensembles continentaux sont souvent délicates, et uniquement pilotées par des considérations économiques instantanées. Sans dire qu’il faut s’en passer (ce serait totalement irréaliste de le vouloir), il faut tout faire pour réduire ces dépendances. Cela rejoint l’écologie, car réduire nos consommations d’énergie fossile est bon pour notre balance commerciale et notre souveraineté, mais également pour notre planète !


En effet, réduire nos importations et s’appuyer davantage sur nos productions locales profite indéniablement à nos économies et donc à

nos emplois. Surtout, le poids en carbone et en atteinte à la nature de la plupart de nos importations est presque systématiquement plus mauvais que nos productions locales.

L’ÉCOLOGIE doit réunir et non diviser.


Nous voulons une écologie des solutions plutôt qu’une écologie qui propose l’affrontement entre les habitants : ceux qui seraient de “bons écolos” contre ceux qui seraient “des ennemis de l’écologie”. Un maire, une fois élu, est le premier des habitants, et élu pour mener des actions dans le sens de l'intérêt général. Dès lors, l’écologie doit in fine être un + pour tous. C’est cela l’écologie “positive”. Et pour ceux pour qui il peut y avoir un désagrément, la concertation, le dialogue, la compensation, doivent être recherchés.

sommaire

NOS 50 MESURES

pour une écologie positive

  1. Cartographier les surfaces bitumées et les renaturer
  2. Végétaliser les façades avec des plantes grimpantes
  3. Créer des noues dans les rues pour gérer l’eau
  4. Cartographier et protéger les grands arbres en ville
  5. Mettre en place des baignades estivales en plein air
  6. Renaturer les berges et créer des zones humides
  7. Proposer des cuves à eau de pluie à bas prix
  8. Favoriser les surélévations en bois avec terrasses végétalisées

9. Promouvoir la diffusion des chauffe-eau solaires

10. Soutenir la création d’une unité de méthanisation locale

11. Mettre en place de la géothermie pour les bâtiments sensibles

12. Créer une chaufferie bois avec copeaux issus de haies

13. Réutiliser la chaleur des eaux usées, data centers, etc.

14. Multiplier les bornes électriques dans l’espace public

15. Faire un diagnostic thermique des bâtiments communaux

16. Encourager la création de parkings souterrains pour libérer l’espace en surface

17. Supprimer les points noirs des pistes cyclables

18. Former ou mobiliser des agents pour la sécurité routière

19. Développer un réseau piéton balisé et ombragé

20. Encourager le covoiturage local

21. Lancer un plan mobilité douce : TAD, vélo, stationnement sécurisé

22. Informer sur la pollution de l'air non issue des transports, telle que celle issue du chauffage au bois.

23. Réaliser un atlas de biodiversité pour planifier des actions

24. Proposer la renaturation des espaces verts privés

25. Cartographier les trames écologiques (vertes, bleues...)

26. Créer un label de reconnaissance pour les espaces renaturés

27. Promouvoir et encourager la création de mares et abris pour la petite faune

28. Replanter des kilomètres de haies

EAU

29. Diagnostiquer la vulnérabilité climatique de la commune

AMÉNAGEMENT ET FONCIER SOBRE

30. Réutiliser le foncier sous-utilisé pour construire

31. Réduire le béton et planter dans les projets urbains

32. Protéger les arbres, généraliser la géothermie de surface et les chauffe-eau solaires

33. Réserver du foncier pour des activités productives

34. Stabiliser les dunes et créer des zones tampons

35. Installer des caméras sur les lieux de dépôts sauvages

36. Devenir une commune “zéro plastique”

37. Lutter contre le gaspillage alimentaire dans les cantines

38. Proposer un composteur à bas prix à chaque foyer avec jardin

ALIMENTATION

39. Créer un potager pédagogique dans les écoles

40. Convertir des espaces de logement collectif en potagers

41. Faciliter l’installation de producteurs locaux

42. Lutter contre le bruit : enrobés phoniques, radars sonores

ÉCOLES / ÉDUCATION

43. 30 % de bio et 30 % de local dans les cantines scolaires

44. Organiser des ateliers cuisine avec enfants et parents

45. Rénover les écoles et végétaliser les cours

46. Organiser un nettoyage de printemps et sorties nature

47. Mettre en place un budget participatif écologique

BUDGET / FINANCE / EXEMPLARITÉ

48. Faire un diagnostic énergétique global de la commune

49. Élaborer un budget vert communal

50. Favoriser les achats publics écoresponsables et locaux

S’ADAPTER face au CHANGEMENT CLIMATIQUE,
une priorité nouvelle


Le foncier disponible dans une commune est de plus en plus rare, et donc il est précieux. Il est en grande partie difficile à libérer pour végétaliser car occupé par des voies de circulation, du stationnement, des places et des espaces verts. Par exemple, la suppression des aires de stationnement “de surface” peut être réalisée sans contrainte supplémentaire pour les automobilistes concernés (voir chapitre “mobilités”), et peut libérer une grande surface de l’espace public. Ce sont des solutions fréquemment utilisées dans les grandes agglomérations pour faire de la piétonnisation. Elle peut aussi être mise à profit pour accélérer le verdissement et donc le rafraîchissement des communes, en prévention des canicules.


De manière générale, les villes doivent faire plus de place à la végétalisation. Les solutions les plus efficaces et les moins

coûteuses sont de “rendre” du bitume, à savoir, cartographier toutes les zones bitumées inutilisées, et casser les dalles.

Certaines communes ont très simplement “fait du marteau piqueur et enlevé les gravats” et ont ensuite laissé la nature reprendre ses droits. Éventuellement, des semis de plantes à fleurs permettent au printemps un couvert rapidement coloré et esthétique pour les habitants. Des aménagements de déambulation permettent d’en faire des espaces verts ouverts à la population.


1. Engagez vous concrètement à faire une carte de tous les espaces bitumés où vous casserez la dalle.

Diffusez une carte des zones de votre ville “bitumée” et “rendue à la nature”.

Végétaliser les murs et parois

Cela peut aisément se faire avec des plantes grimpantes. Là encore, le coût peut-être très modeste avec l’ouverture de petites tranchées au pied des murs. Les variétés de plantes grimpantes sont nombreuses ou pour certaines

esthétiques et odorantes (chèvrefeuille, houblon, jasmin, glycine ...). Cette action, réalisée à grande échelle, peut rapidement verdir et rafraîchir des quartiers entiers. L’effet, dans une même rue, peut par ailleurs être esthétiquement spectaculaire. Les exemples dans le monde ne manquent pas.


2. Engagez vous concrètement sur une liste précise de façades en précisant quelle plante vous y mettrez.


Créer des noues dans les rues.


Certaines villes ont, notamment dans des zones plus résidentielles, remis en place des “noues”, à savoir des sortes de fossés au pied des immeubles, dans lesquels se déverse l’eau de pluie. Ces noues forment un petit écosystème avec des roseaux et des plantes typiques des petits ruisseaux. En formant un réseau dans un quartier tout entier, les noues dirigent les

ruissellements vers des étangs ou des mares qui, à leur tour, forment des éco-systèmes de quartier accueillant une multitude d’espèces. (exemple : l’éco-quartier de Bessancourt dans le Val d’Oise). Bien évidemment, le trop plein en cas de forte pluie peut rejoindre in fine le réseau classique de récupération des eaux de pluie, mais ce système en amont absorbe une première quantité de manière non négligeable, tout en créant un écosystème très favorable à la biodiversité et plaisant pour les habitants.


3. Engagez vous, partout où cela est possible dans votre ville, à créer des noues dans vos rues.

Protéger les vieux et grands arbres.


Dans les villes, les grands et vieux arbres jouent un rôle important souvent peu reconnu. Ils rafraîchissent énormément la ville, ils auraient une action dépolluante, et pour les plus imposants, ils sont partie intégrante du patrimoine urbain. Beaucoup d’habitants tiennent à l’arbre qu’ils ont dans leur parage immédiat.


Cela traduit le caractère “social” des grands arbres en milieu urbain. Certains arbres ont aussi une histoire (date de plantation,

personnage célèbre qui l’a planté où l’a cité dans son parcours, ...). D’autres ont une particularité physique (forme) ou sont une espèce rare. Enfin et surtout, les plus grands spécimens et donc les plus vieux ont un rôle rafraîchissant puissant. Pour toutes ces raisons, la protection des grands et vieux arbres, en terrain public comme en terrain privé, est utile dans toutes les villes.


Certains maires ont cartographié leurs arbres et ont pris des mesures de protection, dans leurs documents d’urbanisme.


4. Engagez-vous à cartographier tous vos grands arbres et à les protéger dans votre document d’urbanisme.


De l'eau !


Quand il fait très chaud, les habitants cherchent de l'eau. Pour faciliter l’accès à l’eau, deux mesures :


- Installer des fontaines à eau dans l’espace public à raison d’une tous les 500 mètres a minima, avec une option de petite écuelle au

pied de chaque fontaine pour les chiens et la petite faune.


- Démultiplier des lieux de baignades provisoires tels que des ouvertures à la baignade des cours d’eau dont la qualité sanitaire est acceptable pour en faire une eau de baignade


5. Engagez vous à créer des nouveaux lieux de baignades temporaires en plein air durant l’été (piscine éphémère, ouverture d’espaces de baignades dans les lacs et cours d’eau si la qualité de l’eau le permet, ...)

Les solutions fondées sur la nature


Aux Pays-Bas, depuis des siècles, le long des cours d’eau les plus sensibles aux crues et inondations, des bassins naturels ont été creusés pour qu’ils puissent se gonfler en cas de crue. Inspirons nous de nos voisins, surtout si les solutions sont éprouvées depuis longtemps. Ce sont des solutions fondées sur la nature qui sont des actions qui pourraient se multiplier en France.


Ces bassins naturels peuvent facilement être aménagés en étangs ouverts à des activités de baignade (devenir par voie de conséquence des solutions aux besoins d’espaces de baignade en été) ou en zones humides qui, on le sait, agissent telles de véritables éponges naturelles. Et en cas de sécheresse, pour les zones agricoles voisines, ces rétention d'eau pourraient servir à l'irrigation.


6. Engagez-vous à renaturer les berges de votre cours d’eau et à créer, le long de ce cours d’eau, un ou plusieurs bassins naturels ou zones humides, pour absorber les crues.

Récupérer l'eau de pluie


En été et dans de nombreuses régions, les prévisions climatiques annoncent des pénuries d’eau (même si, en hiver, des régions vont plutôt être en excès - la difficulté sera dans l’équilibre entre saisons). Or, c’est aussi en été qu’on peut avoir un besoin accru en eau (rafraîchissement divers, lutte contre les incendies). Proposer et co-financer l'achat d’un récupérateur d’eau de pluie se fait dorénavant fréquemment. Certaines intercommunalités achètent à prix de gros un important volume de cuves et les revendent à prix cassé aux habitants de leur territoire.


7. Engagez vous à proposer aux habitants l’achat de cuves de récupération d’eau de pluie à un prix assez bas (50 euros par ex).


Des toitures végétalisées


Dans les villes denses et là où le patrimoine le permet, faciliter (via les règles d’urbanisme) la réalisation de surélévations d’immeubles et les dotant de toitures terrasses végétalisées. Ces opérations sont financées par la réalisation de nouveaux logements. Le toit terrasse végétalisé, outre qu’il peut permettre l’accès à une terrasse végétalisée pour tout ou partie de la copropriété, réduit la chaleur qui s’accumule sur le toit par le rayonnement solaire. La surélévation, si elle se fait en bois, participe également au soutien du matériau “bois” qui est un excellent moyen de “capter” du carbone.


8. Engagez vous à faciliter, via vos documents d’urbanisme, les surélévations en bois des immeubles, avec terrasses végétalisées.

RÉDUIRE NOS ÉMISSIONS DE CARBONE.
Développer les ÉNERGIES RENOUVELABLES.

De nombreuses communes s’engagent dans l’installation de solutions de production énergétique. Notre préconisation est de privilégier des énergies qui ont un fort pouvoir de décarbonation et dont le coût in fine est faible.


Pour réduire la facture énergétique, l’installation de chauffe-eaux solaires doit être encouragée. Les communes peuvent le faire sur les équipements sportifs pour la production d’eau chaude des douches. C’est vrai aussi pour l’eau chaude dans les écoles et les crèches. Pour les habitants, des encouragements via des aides ou des achats groupés sont aussi envisageables. L’eau chaude sanitaire représente

environ 12% de la facture énergétique d’un ménage.


9. Engagez vous à installer des chauffe-eau solaires sur tous vos équipements sportifs et à proposer aux habitants des aides ou des achats groupés pour l’installation de chauffe-eau solaire.



Méthaniseurs et géothermie


En zone rurale, la méthanisation, notamment agricole, est une voie

d’avenir pour produire de la chaleur, de l’électricité et surtout du gaz vert. Ce sont des options plus industrielles auxquelles les communes peuvent prendre part, soit en soutien direct, soit en appui technique et institutionnel auprès des développeurs, des agriculteurs et des financeurs.


10. Engagez vous à faciliter l’installation d’une unité de méthanisation dans votre commune


La géothermie est également une solution décarbonée extrêmement positive. En grande profondeur, sous réserve que les

sous-sols s’y prêtent, elle permet de répondre à des besoins d’importance (grands ensembles de logements, hôpitaux, sites industriels). En solution dite de “surface” (à savoir avec des sondes

plongeant à quelques dizaines de mètres), elle est une option possible pour tous les territoires et répond également à des besoins pour des ensemble de moindre importance mais dont les besoins, notamment en froid, sont cruciaux (EHPAD, hôpitaux, ensemble scolaires).


11. Engagez vous à installer de la géothermie de surface pour les bâtiments qui ont le plus besoin de froid (EHPAD et Hôpitaux).

Le chauffage au bois


La question du chauffage au bois mérite une vigilance nouvelle. D’une part, dans certaines zones urbaines, il est avéré que les chauffages au bois contribuent fortement à la pollution de l’air par les particules. D’autre part, l’état de nos

forêts ne permet plus comme avant de les considérer comme une source d’énergie. Nos forêts doivent à la fois être préservées pour leur rôle social (promenade et loisir), leurs fonctions pour la biodiversité, et un usage commercial

qui doit prioritairement aller vers la construction et le meuble et la fabrication de panneaux.


L’énergie doit rester le dernier usage. Il existe de plus des formules vertueuses telles que l’utilisation des tailles de haies qui ont le double avantage de produire des copeaux pour les chaufferies, et de favoriser l’existence de haies dont on sait qu’elles sont très bénéfiques pour la biodiversité et le cycle de l’eau. Notre préconisation est de privilégier des solutions cherchant des résidus du bois, notamment du côté des tailles de haies, et de renoncer aux chaufferies bois dans les zones très concernées par la pollution de l’air.


12. Engagez-vous à créer une chaufferie bois alimentée en copeaux de bois issus de l’entretien des haies de votre territoire.

Récupérer la chaleur


Enfin, les communes doivent aussi examiner toutes les options de récupération de chaleur dont elles disposent.


Des industries ou installations peuvent produire de la chaleur (stations d’épuration d’eau, incinérateurs, data center, industrie, ...). Un diagnostic des potentiels de récupération

de chaleur devrait être fait dans chaque commune pour établir un plan d’action de récupération de chaleur. Ceci est notamment vrai pour les data centers qui vont se développer

dans les années à venir et au sujet desquels il est important que les communes anticipent la localisation afin que la récupération de chaleur soit optimale.


13. Engagez-vous à faire un diagnostic communal de tous les potentiels de récupération de chaleur (eaux usées, data center, industrie…) et lancez dans la foulée un chantier pour récupérer cette chaleur pour chauffer les bâtiments voisins de ces sources de chaleur.

Des prises dans la rue pour les véhicules électriques.


L’action de décarboner la plus évidente est d’électrifier les usages (voiture et chauffage). Ce n’est évidemment pas du ressort et dans la capacité d’un maire d’électrifier tous les usages sans sa ville. Mais il peut la faciliter. Ainsi, pour tous les habitants qui veulent passer à la l’électrique pour leur mobilité (voiture ou deux roues), l’accès à des prises de courant dans l’espace public, et notamment dans les

parkings, est primordial.


14. Engagez vous à multiplier par 10 d’ici la fin de votre mandat le nombre de prise de courant disponible dans l’espace

public pour la recharge des véhicules et deux-roues.


Rénover les bâtiments publics


Décarboner, c’est aussi réduire sa consommation d’énergie fossile. La rénovation énergétique du bâti communal, surtout celui qui a recours aux énergies fossiles (gaz ou fioul) est donc une priorité. Cela commence par un bon diagnostic pour mieux prioriser.

Pour le patrimoine de la ville, tout comme pour celui du tertiaire privé, voir des habitants, les villes peuvent négocier un diagnostic thermique et des préconisations de priorisations. Ce diagnostic permet d’identifier les postes de dépense énergétique les plus coûteux, bâtiment par bâtiment. Les préconisations peuvent ensuite proposer une gamme de travaux priorisés selon une grille alliant le prix des travaux et leur efficacité énergétique... de sorte que chaque propriétaire puisse opter pour des solutions les moins coûteuses et les plus efficaces. Un programme piloté depuis la mairie peut aller ensuite jusqu’à proposer des mutualisations d’opérations (études, évaluation des coûts, achats groupés, appui pour les dossiers de demande d’aides, etc...).


15. Engagez-vous à faire un diagnostic thermique de votre commune afin de programmer et prioriser vos investissements de rénovation et d’optimisation de vos bâtiments publics.


SE DÉPLACER : place aux mobilités douces et décarbonées


Dans les communes au sein desquelles la circulation est dense, la question du stationnement devient de plus en plus un enjeu clé.

Depuis de nombreuses années, les villes suisses, allemandes ou du nord de l’Europe ont réussi à pacifier cette question. Ce modèle c’est d’enterrer le stationnement, l’invisibiliser de la surface pour libérer les rues. Dans ces villes, la question n’est pas tant de faire ou non la guerre à la voiture, mais de pacifier sa présence dans la ville. Pour cela, il faut ouvrir tous les parkings souterrains aujourd’hui inaccessibles au public. Le potentiel est énorme et, avec de l’IA, il est aisément gérable. Tous les parkings de copropriétés sont

grandement inoccupés en journée tandis que ceux des entreprises le sont la nuit et les week-ends.


Une vaste opération de conventionnement avec tous ces parkings privés permettrait de libérer de l’espace de stationnement dans les rues. La suppression des places en surface se ferait à raison d’une place libérée en souterrain, le tout dans un périmètre de proximité pour les automobilistes concernés au regard de leur destination finale (logement, commerces, ...). Autre avantage de cette action, moyennant des affichages et fléchages intelligents dans les rues vers les places libres en souterrain : la réduction des “recherches” de place qui contribuent à la

congestion.


16. Engagez vous à ouvrir des places de stationnement en parkings souterrains pour libérer de l’espace urbain en surface.

Sécuriser les pistes cyclables


De plus en plus de français prennent le vélo. En milieu urbain bien sûr, mais aussi en milieu rural, avec le développement du

vélo électrique et des véhicules dits “intermédiaires” (vélo cargo notamment). C’est un changement positif important qu’il faut accompagner plus massivement, notamment en termes d'infrastructures et de coexistence avec les autres modes de

déplacements. La priorité, c’est la sécurité routière, et donc la gestion de la coexistence entre usagers (automobiles, vélos, trottinettes, et piétons). Tout ne se fera pas par autorégulation sauvage. Sinon, c’est le plus faible qui en paie le prix (cf le cycliste tué en 2024). Première priorité : organiser largement la traversée des carrefours et toutes les ruptures de pistes cyclables. La seconde priorité, notamment dans les zones à forte circulation, c’est de déployer dans les rues des agents de circulation qui auront pour mission de rappeler les règles de conduites à tous, et, autant que de besoin, verbaliser.


17. Engagez vous à résorber les points noirs de sécurité sur les pistes cyclables de votre commune


18. Engagez vous, lorsque c’est financièrement supportable, à déployer des agents dédiés à la sécurité routière ou, à défaut, d’organiser des campagnes de sensibilisation

Réhabiliter la marche à pied en ville


La marche à pied est souvent peu “pensée” dans les programmes municipaux. Elle est souvent résumée à la question des zones piétonnes. Mais en réalité, c’est un mode de déplacement majeur, pour tous les âges.


Dans les zones denses urbaines, mais aussi en milieu rural, la marche peut représenter près de 50% des modes de déplacements. Dès lors, des trottoirs confortables, ombragés, protégés, disposant régulièrement de bancs et de fléchages directionnels (voire de plans de rue avec des indications de distances en temps de parcours à pied) est une action qui a toute sa place dans un programme. Londres a totalement repensé ses rues en pensant à ce parcours piéton.


19. Engagez vous à faciliter la marche à pied dans votre commune en dessinant, tel un réseau de pistes cyclables, un véritable réseau de circuits piétons dans votre ville doté de bancs, panneaux, et ombrages.


Le co-voiturage, un potentiel important.


Les transports contribuent à la pollution de l’air, bien que la situation se soit améliorée grâce à des véhicules moins polluants et aux “zones à faibles émissions” (ZFE). Ces dernières sont aujourd’hui contestées, malgré leur efficacité en France et à l’étranger. L’extension des restrictions (crit’air 3) est mal perçue, car elle impacte surtout les ménages modestes vivant en périphérie.

Il ne faut pas opposer les populations selon leur lieu de vie. Maintenir les restrictions sur les véhicules les plus polluants (crit’air 4 et au-delà) reste essentiel, car elles ont permis de réduire la pollution. Cependant, au vu de l’amélioration de la qualité de l’air, il est légitime de s’interroger sur le rythme des nouvelles interdictions, d’autant que les transports ne sont pas les seuls responsables. Les récents votes au Parlement sont un recul, et chaque maire devra rester vigilant sur le taux de pollution de l'air que cela pourrait induire.


Une solution immédiate et accessible : le covoiturage local, notamment pour les trajets domicile-travail. Il permet de réduire la pollution, le trafic et les dépenses. Dans les zones rurales, il peut s’appuyer sur des arrêts fixes ou des aires sécurisées. Dans les villes moyennes, il faut l’intégrer aux plans de mobilité et le soutenir via des aides. En grandes agglomérations, des voies dédiées et une meilleure visibilité dans les applis de transport sont clés.


Le covoiturage favorise aussi le lien social. Par exemple, l’entreprise Daher, avec le programme “Tous covoitureurs”, a atteint près de 1 500 trajets hebdomadaires. C’est une réponse concrète, peu coûteuse et adaptable aux territoires pour une mobilité durable et solidaire.


20. Engagez vous à développer le co-voiturage de proximité dans votre commune.

Réduire l'usage de la voiture


Au-delà de cette mesure de co-voiturage, d’autres actions peuvent être mises en place pour réduire la pollution de l’air.

Dans les transports tout d’abord :


21. Engagez vous, plus globalement, à proposer toute une série de mesures concrètes visant à réduire l’usage de la voiture : Transport à la Demande (TAD) pour les personnes âgées résidant dans des quartiers isolés, appui à l’acquisition de vélo électrique, résorption des points noirs de pistes cyclables pour sécuriser l’usage du vélo, installation d’anneaux de vélos dans les rues.


Pollution de l'air, prudence sur le chauffage au bois !


D’autres sources de polluants sont identifiées. En hiver, le chauffage au bois peut être responsable de près du tiers des particules fines. La mesure la plus efficace serait d’inviter les particuliers qui se chauffent au bois à y renoncer. Ce n’est pas toujours facile et bien perçu. Pour autant, en jouant la transparence sur cette réalité, on peut avoir pour effet “civique” de réduire l'usage récréatif (le petit feu de cheminée

d’agrément). Le maire, avec l’appui de son intercommunalité, et, dans certains secteurs les plus touchés, avec l’ADEME ou la Région, peut déployer des aides pour inviter les ménages à remplacer leur chauffage au bois par un système moins émetteur de particules.

En milieu rural, hors des zones touchées par la pollution de l'air, le recours à des chaufferies communales reste une bonne solution, notamment pour exploiter les tailles de haies (voir mesure numéro 12).


22. Engagez vous à communiquer auprès de vos habitants sur les effets polluants du chauffage au bois, voire à déployer une aide pour qu’ils modernisent leur système de chauffage au bois.

BIODIVERSITÉ - ANIMAUX dans la ville (caniparc, corneilles, passereaux, petite faune sauvage, chats errants)


Depuis quelques années, l’OFB et les Agences régionales de la Biodiversité (là où elles existent) proposent aux communes de réaliser des “atlas de la biodiversité”. Il s’agit d’un travail d’état des lieux de la biodiversité dans une commune assorti d’un plan d’actions pour consolider les acquis et favoriser la biodiversité. Savoir et un préalable à l’action. En établissant un tel diagnostic, les communes peuvent mieux communiquer auprès des habitants sur la situation réelle et proposer à chacun des actions favorables.


23. Engagez vous à réaliser un atlas de la biodiversité sur votre commune et à mettre en application au moins 50% du plan d’actions qui en découlera avant la fin de votre mandature.


Renaturer les copropriétés


Des communes ont conduit des opérations d’appui et d’accompagnement des copropriétés pour transformer leurs espaces verts en zones favorables à la biodiversité. En effet, dans bien des cas, des cours intérieures ou des espaces de pieds d’immeubles sont gérés à minima de manière très pauvre (simple tonte de pelouse et parterre de fleurs). Des solutions, parfois avec le concours des habitants, permettent de transformer ces espaces en véritables zones riches en biodiversité. En fonction des choix retenus, une gestion a minima peut même réduire les coûts de gestion en comparaison d’une prestation classique d’entretien paysager.


Le rôle d’une commune peut a minima être d’apporter une information technique auprès des copropriétés candidates (guide de bonnes pratiques, modus operandi en AG de copropriété), voire de proposer des mutualisations pour réduire les coûts de la prestation (accompagnement associatif ou recours à l’ESS souvent bien positionnée aujourd’hui pour conduire des opérations d’espaces verts renaturés). En tout état de cause, multiplier la renaturation d’espaces verts pauvres en biodiversité pourra alimenter la base cartographique de la trame verte de la commune, la trame verte étant la cartographie de tous les espaces de nature favorable à la

biodiversité, qui constitue un réseau formant un réseau pour que les espèces animales et végétales puissent se déplacer.


24. Engagez vous à proposer la renaturation des espaces verts des copropriétés de votre commune.

Des espaces de nature partout en ville


Dans la continuité de l’action précédente, chaque commune peut connaître l’état de ses trames écologiques (somme de tous ces espaces favorables à la biodiversité, les couloirs de circulation de la biodiversité). La raison pour laquelle on se soucie de ces couloirs c’est que pour être dynamique, la biodiversité a besoin de pouvoir se déplacer. Si elle est enfermée dans un espace et qu’elle ne peut plus se déplacer, elle dépérit. C’est pourquoi, il est important d’avoir le plus possible d’espaces favorables, proches les uns des autres, si possible connectés. Un simple petit jardin privé participe de ce réseau. On parle de trame verte pour désigner les espaces végétalisés. De trame bleue pour les cours d’eau. De trame noire pour les zones pas ou peu éclairées pour la faune nocturne. De trame blanche pour les zones peu perturbées par le bruit. En cartographiant toutes ces zones, en superposant les cartes, les communes peuvent mieux identifier les “manques” et chercher à les résorber, à prioriser les végétalisations, la création de nouveaux espaces verts, voire de points d’eau. Pour valoriser ceux qui s'engagent dans la commune,

organisez chaque année une cérémonie pour le petit patrimoine naturel (exemple en Ile de France) en mettant en avant tous ceux

qui, dans la commune, ont créé un espace dédié à la nature.


25. Engagez-vous à cartographier les trames vertes, bleues, noires et blanches de votre commune.


26. Engagez-vous à récompenser tous les habitants qui renatureront leurs espaces verts ou de jardin en reconnaissant leurs espaces de renaturation sous un label “petit patrimoine naturel communal”


27. Engagez-vous à créer des dispositifs d’aides communaux pour la création de mares de jardin ou d’abris pour certaines espèces à protéger (hérisson, oiseaux, amphibiens, lézards...)

Des haies


En zone rurale, on peut s’inspirer de l’exemple vendéen d’un circuit court pour l’approvisionnement de chaufferies communales à bois. Ce système consiste, à l’échelle de l’intercommunalité, à acheter les plaquettes auprès des agriculteurs du territoire dès lors que ces derniers produisent la plaquette à partir de l’entretien de leurs haies bocagères. Les agriculteurs sont aidés à développer la haie. Le résidu des coupes d’entretien est transformé en plaquettes achetées à prix négocié par les intercommunalités avec un engagement d’achat sur plusieurs années. Cette action est favorable à la biodiversité et produit une énergie “bois” qui vient en remplacement d’une énergie fossile.


28. Engagez-vous à favoriser un kilométrage de replantation de haies sur votre commun.


EAU,
une ressource précieuse.

Avec le changement climatique, l’eau devient un sujet de préoccupation majeur, soit parce qu’il en manque (sécheresse) soit parce qu’il y en a trop (inondations). Chaque commune doit mieux savoir quelle est sa vulnérabilité. Beaucoup de communes peuvent être touchées alternativement par les deux phénomènes.


Un diagnostic, qui comprendra bien évidemment un volet sur l’eau, vous permettra de prioriser vos actions de prévention. Pour les sécheresses ; plantation de haies pour retenir l’eau. Pour les inondations, création de zones humides pour faciliter l’expansion des crues.


29. Engagez vous à réaliser un diagnostic communal de vulnérabilité au changement climatique.

AMÉNAGER : Des communes sobres en foncier, qui s’adaptent au changement climatique et restent attractives.

La politique de l’aménagement de la ville et les règles d’urbanisme qui en découlent doivent résolument devenir plus environnementales.


La question de l’artificialisation est un défi de première importance car urbaniser sur des terres qui ne le sont pas c’est nécessairement le faire au détriment de la biodiversité, de l’agriculture ou des forêts. Ce défi est donc, comme souvent en politique, de trouver les bons compromis.


Mais être sobre en consommation de foncier ne peut pas se concevoir de manière uniforme avec une seule et même règle générale : la densification. Certes, on a longtemps été dans la gabegie avec des étalements urbains caricaturaux : lotissements de maisons individuelles disposant chacune d’une lopin de terrain très peu optimisé (par le passé, même les villages étaient plus denses et économisaient le

foncier, avec des maisons jointives et des lopins de terres plutôt à l’arrière de la maison) ; zones commerciales gigantesques sur peu d’étages avec des parkings immenses le tout sans recherche esthétique.


Dans ces espaces urbains (lotissements, résidentiel, zone commerciale) le potentiel de densification est élevé. Par contre, dans les zones les plus urbaines, déjà très dense et disposant rarement de foncier, densifier encore davantage atteint ses limites et revient à rendre invivable une ville qui doit préserver des zones de respiration.


En plus de ce besoin de sobriété foncière, l’urbanisme doit aussi tenir compte d’autres impératifs : s’adapter au changement climatique en végétalisant, en désimperméabilisant, en pensant des nouvelles constructions qui intègrent dans leur conception les énergies renouvelables pour la chaleur et le froid.


30. Engagez-vous, pour respecter l’objectif du ZAN (zéro artificialisation nette), à reprendre du foncier déjà urbanisé mais faiblement exploité dans vos parkings, zones commerciales, industrielles ou artisanales pour y construire du logement.


31. Engagez-vous, lors de vos projets urbains (réaménagement de voirie ou de place, travaux de voirie de réseaux) à réduire au maximum le minéral, à désimperméabiliser et à planter des arbres autant que possible. Zéro place et rue sans végétal !


32. Pour les nouveaux permis de construire et dans l’évolution de vos documents d’urbanismes, protégez les grands arbres existants, imposez les chauffe-eau solaires ou la géothermie de surface.

Réindustrialiser


Par ailleurs, tout projet foncier n’est pas à mettre sur un même plan. Une nouvelle zone commerciale ou un centre de congrès gigantesque signant un geste architectural ne vaut pas la création de logements, d’un hôpital ou d’une école. Il en va de même pour l’industrie productive.


Réindustrialiser est en soi une action écologique car à chaque fois qu’une entreprise productive s’installe (ou se

réinstalle) en France, ce sont des productions qui sont plus décarbonées car notre économie dispose d’une énergie plus décarbonée que dans bien d’autres pays, et parce que cette production se fera dans un cadre réglementaire européen qui est un des meilleurs du monde pour l’environnement.


Concrètement, les communes doivent aider les entreprises productives à s’installer dans leur territoire en leur réservant

du foncier. C’est un foncier qui économiquement a plus de sens que de le laisser à des zones commerciales dont l’impact économique localement est bien plus souvent un effet de vase communiquant d’un commerce de centre bourg qui se bascule vers un commerce de périphérie urbaine.


33. Engagez-vous à réserver du foncier constructible sur votre commune pour des entreprises productives.

L'érosion du littoral


En zone littorale, un des sujets de plus en plus lourd pour les communes est la question de l’érosion du trait de côte du fait du changement climatique. Nous prônons bien évidemment des mesures fondées sur la nature.


34. Engagez-vous à stabiliser vos dunes par la plantations de buissons de dunes (oyats) ou d’obstacles physiques à l’érosion des dunes et plages. Vous pouvez aussi aller plus loin en créant des zones tampons naturelles ou humides pour amortir la mer.


PROPRETÉ - DÉCHETS et ÉCONOMIE CIRCULAIRE

Dans de nombreuses communes, et notamment en milieu rural, les dépôts sauvages de déchets sont un véritable fléau. En Ile de France, la région a créé un fonds qui vient en aide aux communes pour les aider à financer le nettoyage des sites et à installer des barrières d’accès aux sites les plus propices. Si on sait que ce sont souvent des déchets de chantier qui sont déposés, et même si on peut deviner qu’un accès facilité aux déchetteries réduisant ces actes, il n’en demeure pas moins que ce sont des incivilités qu’il faut

sanctionner. Le maire a un pouvoir de police et a des moyens d’action qu’il doit actionner, en lien avec les services de police ou de gendarmerie. 


Certains maires, par exemple, en installant des caméras de vidéo-surveillance sur les sites concernés, réussissent à identifier les contrevenants. Et si cela peut permettre d’enclencher des poursuites, cela peut amener le maire, s’il est en présence d’habitants de sa commune, à convoquer les personnes et les inviter à réparer les dommages.


35. Engagez-vous à installer des caméras de vidéo-protection sur les sites de dépôts sauvages d’ordures.

Zéro plastique !


Les plastiques sont clairement en trop grand nombre et les réduire doit devenir une politique communale. Cette réduction est possible dans de nombreux domaines : dans les cantines, en renonçant aux emballages plastiques et en les remplaçant par des contenants en inox réutilisables. Dans les rues, en multipliant les fontaines à eau et en communiquant auprès des habitants pour qu’ils utilisent des gourdes plutôt que des bouteilles d’eau en plastique jetables. Dans les rues encore, en apposant au sol devant les bouches d’égout des inscriptions (ici commence l’océan) pour inviter les habitants à ne pas jeter de déchets en plastiques dans les rigoles. Cette action peut se compléter par la pose de grilles devant les bouches d’égout pour y retenir les plastiques jetés dans la rigole.


36. Engagez-vous à faire de votre ville une “commune zéro plastique”


La poubelle de chaque ménage est constituée en moyenne d’un tiers de nourriture jetée. On estime qu’en France, on gaspille environ

30% de notre nourriture. A l’heure où la question du pouvoir d’achat est une priorité, où les agriculteurs se battent pour qu’on

reconnaisse leur métier, cette situation est évidemment inacceptable. Chacun est responsable. Nous devons réduire le gaspillage

alimentaire et, en tout état de cause, si les aliments finissent malgré tout dans la poubelle, il faut les récupérer pour en faire du

compost ou de l’énergie.


37. Engagez-vous à mettre en place des actions de lutte contre le gaspillage alimentaire dans toutes vos cantines scolaires (et aussi celle de la commune si vous en avez une et en associant vos solutions les entreprises de votre commune qui disposent d’une cantine pour leurs employés).


38. Engagez-vous, en lien avec votre syndicat de collecte et traitement des déchets, à proposer un composteur, à tarif négocié, à tous les habitants de votre commune disposant d’un jardin.

ALIMENTATION

En zone urbaine, le développement de l’agriculture urbaine est une opportunité de faire de la sensibilisation. En créant des espaces dédiés à des potagers dans les parcs, cours d’école, pieds d’immeuble, on permet aux habitants, et notamment aux enfants, de mieux comprendre comment sont produits nos aliments. Pour aller plus loin, notamment dans les ensembles immobiliers (logements sociaux, copropriétés), faciliter la transformation d’espaces peu optimisés (pelouses, parterre de fleur) en zones potagères, jardins ouvriers, petits vergers, ou carrés d’herbes aromatiques, confiés à des associations de résidents, peut apporter quelques productions alimentaires qui, même si elles resteront marginales dans le panier global des ménages, peut réduire la facture de leur budget alimentaire.


39. Engagez-vous à créer un potager pédagogique dans les cours de vos écoles.


40. Engagez-vous à proposer à vos bailleurs sociaux et vos copropriétés des espaces à convertir en potagers.

Place au maraichage !


En zone rurale, un des enjeux de la production locale souhaitée par de plus en plus de consommateurs et de commanditaires (pour les cantines notamment), c’est d’avoir suffisamment de terres agricoles dédiées au maraîchage. Faciliter l’installation de producteurs de fruits et légumes doit faire partie de vos priorités.


Certaines communes ont ainsi lancé des programmes urbains pour recréer leurs anciennes ceintures vertes maraîchères. Des

innovations existent aussi sur des friches dont les terres sont peu fertiles, voire polluées, avec des serres hors sol couplées à de l’aquaponie. Loin d’être des gadgets, des solutions d’avenir ont pu, en banlieue de Bordeaux ou de Paris, démontrer leur pertinence économique.


41. Engagez-vous à faciliter l’installation de producteurs de fruits et légumes dans votre commune. Cela peut par exemple passer par la garantie d’achat de leur production pour les besoins des cantines de votre

agglomération.

BRUIT


Le bruit est une nuisance environnementale reconnue. Il cause des troubles multiples, pour les habitants assurément, mais aussi pour la faune. De plus en plus de communes agissent. On peut par exemple agir contre le bruit issu des transports. Le revêtement routier aux endroits les plus bruyant permet de réduire significativement le bruit du au roulage. Quant aux motorisations, la règlementation interdit les véhicules trop bruyants. Des systèmes de radars sonores existent dorénavant et ils seront demain dotés de vidéoverbalisation à l’image des radars de vitesse.


42. Engagez-vous à lutter contre le bruit en prévoyant des enrobés phoniques sur les voiries les plus bruyantes et en mettant en place des radars sonores sur ces mêmes axes.

EDUCATION


Les communes ont la responsabilité des écoles. On ne le dira jamais assez, tout commence dès le plus jeune âge. Cette éducation à l’environnement passe par la nourriture à la cantine, et aussi par une sensibilisation des parents.


43. Engagez-vous à ce vos cantines scolaires intègrent au moins 30% d’aliments bio et 30% d’aliments locaux, avec une option végétarienne à chaque repas.


44. Engagez-vous à organiser, une ou plusieurs fois par an, des ateliers extra-scolaires ludiques, pour les enfants et avec les parents et des professionnels de la restauration, pour “apprendre à faire à manger”.

Verdir les écoles


Beaucoup d’écoles restent aujourd’hui encore des locaux qui sont peu performants du point de vue énergétique. La rénovation énergétique des écoles fait souvent l’objet de programmes de soutien de la part des régions ou de l’Etat. Pour les enfants, c’est souvent un gain en confort

de vie dans le bâtiment. C’est aussi, in fine pour la commune, un gain énergétique qui se ressentira dans la facture énergétique.


Ces travaux permettront aussi de rénover l’aération pour améliorer la qualité de l’air intérieur, et végétaliser les cours pour apporter de la fraîcheur dans les périodes de l’année les plus chaudes.


45. Engagez vous à rénover énergétiquement toutes vos écoles et à végétaliser leurs cours.

Les sorties nature pour les enfants


Elles sont unanimement considérées comme étant de puissants moteurs de sensibilisation des enfants au respect de la nature.


On sait aussi que les déchets sont un bon moyen de sensibiliser les plus jeunes aux enjeux environnementaux. Les nettoyages de printemps qui envoient des enfants, munis de gants et de sacs poubelle, à ramasser au bord des rivières, les déchets qu’ils trouvent, est à la fois ludique, pédagogique et utile pour la nature.


46. Engagez vous à organiser chaque année un nettoyage de printemps avec les enfants de vos écoles, et à apporter un financement d’au moins une sortie nature par an pour chaque classe en école primaire.

CITOYENNETÉ


A l’image de l’Ile-de-France, les budgets participatifs écologiques sont des manières d’impliquer fortement les habitants dans

la transition écologique. Le principe est assez simple. Les habitants, associations, entreprises, proposent leur projet à la mairie.


La mairie, via un jury, sélectionne tous les projets éligibles. Un vote est organisé où chaque habitant peut voter sur tous les projets proposés. La mairie définit en amont le score nécessaire pour être qualifié. En Ile de France, le critère est généreux : 90 % des projets ayant obtenu le plus de voix sont retenus. Une aide de 10 000 euros maximum est attribuée. C’est une aide à l’investissement qui permet de pousser les initiatives impliquant du bénévolat.


A Loos en Gohelle c’est d’ailleurs une condition d’éligibilité, à savoir que l’aide n’est attribuée que si les porteurs s’impliquent dans la mise en œuvre du projet. A titre d’exemple, une cours d’école a été végétalisée avec l’aide de la commune mais avec l’implication personnelle des parents d'élèves, des enfants et des agents de l’école dans les opérations de végétalisation. En outre, ce principe permet aussi de déployer une pédagogie de l’écologie concrète au quotidien, au plus proche des citoyens, dont le point de départ est dans l’initiative des habitants eux-mêmes, à savoir non descendante.


Enfin, au regard des montants engagés, cette action démontre aussi qu’il est

possible de faire de l’écologie en étant dans la maitrise de la dépense publique.


47. Engagez vous à proposer un budget participatif écologique

BUDGET - FINANCE - EXEMPLARITÉ


Le contexte budgétaire des collectivités locales est durablement contraint. Il importe dès lors d’avoir une approche d’efficacité de la dépense publique. Dès le début de la mandature, engager une revue des missions permet de jauger les dépenses environnementales de la commune dans une logique de coût/bénéfice.


A titre d’exemple, réaliser un audit énergétique complet de la commune permet de visualiser quels sont les principaux postes de dépense énergétique, d’évaluer les actions d’économies possibles et leur coût et d’établir un plan d’action priorisant les actions les moins chères et les plus efficaces.


Parmi les dépenses les moins coûteuses et les plus efficaces, on peut citer l’installation de thermostats et de programmateurs de chauffage dans tous les bâtiments, et en priorité dans les bâtiments les plus énergivores, au remplacement des éclairages publics les moins efficaces en passant par l’installation de chauffe-eau solaire pour les douches des équipements sportifs. Bien évidemment, les travaux plus lourds de rénovation globale resteront toujours les plus efficaces, mais là aussi, un diagnostic général de tout le parc immobilier de la ville permettra de prioriser les locaux les plus énergivores et les plus coûteux. Cette logique d’évaluation de l’impact de la dépense publique devrait devenir une règle générale. En se dotant d'indicateurs de performance, on doit ainsi pouvoir mieux prioriser les dépenses. C’est assez facile à regarder pour l’énergie, mais cela l’est aussi dans le domaine de

l’économie circulaire (tonnes de déchets évités et/ou recyclés) ou la biodiversité (recensement des espèces présentes avant et après les projets - le retour de la biodiversité est souvent assez rapides - possible à mesurer sur un temps inférieur à une durée d’un mandat municipal).


48. Engagez-vous à opérer un diagnostic énergétique global de la commune pour prioriser les investissements dans la rénovation et les actions d’amélioration énergétique de la commune.

Un budget vert pour la commune


Depuis quelques années, l’Etat et de nombreuses collectivités ont réalisé des “budgets verts”.


Ces budgets verts sont des exercices comptables qui consistent à présenter le budget de la collectivité selon trois critères : dépenses favorables à l’environnement, dépenses neutres pour l’environnement, dépenses défavorables à l’environnement. Assez souvent, cet exercice révèle de bonnes surprises avec un pourcentage assez élevé de dépenses favorables à l’environnement. L’idée étant de réaliser cet exercice chaque année, il a vocation à inciter l’équipe municipale à démontrer, année après année, qu’elle améliore le taux de dépenses favorables à l’environnement.


49. Engagez vous à réaliser un budget vert de votre commune.


Une commande publique plus verte


Enfin, une commune responsable peut, grâce à sa commande publique, soutenir toute une série de marchés qui ont besoin de

clients pour se créer un modèle économique viable. Une commune achète des aliments pour ses cantines, des fournitures de

bureau, construit ou rénove des bâtiments ou des infrastructures. Tous ces marchés peuvent aller chercher et donc soutenir des

producteurs locaux et/ou bio, de la construction bois ou de récupération, et la seconde main dans l’informatique ou le mobilier.


50. Engagez vous, dans un maximum de vos commandes publiques, à acheter des ordinateurs de seconde main, à choisir des solutions de construction ou de rénovation ayant recours au bois et/ou à des matériaux de récupération, à vous fournir pour vos cantines auprès de producteurs locaux et/ou bio.

Assemblée generale 2024

L'exécutif du parti :

Lors de son assemblée générale, en septembre dernier, à Biarritz, Ecologie Positive a renouvelé sa gouvernance. Le nouveau Bureau vous est présenté ici.

Prix de l’énergie, rénovation des logements : deux leviers clés pour le pouvoir d’achat et le climat

Dans quelques jours s’ouvrira la COP29 Climat en Azerbaïdjan.

Les voyants sont loin d’être au vert. Les émissions de gaz à effet de serre ont encore augmenté au niveau mondial. Le climat et l’écologie sont largement passés au second plan des priorités politiques du moment. Les conflits armés en Ukraine et au Proche Orient y ont largement contribué. En France, l’intérêt pour le sujet du climat est à la peine. Dans ce contexte, que le Premier Ministre ait mis la dette écologique en avant alors que personne ne le lui demandait fait, a minima, montre de conviction personnelle et c’est à saluer en soi. Il faut dire que la question n’est pas qu’un sujet d’opinion publique, c’est aussi une réalité alarmante. Les inondations actuelles dont on sait qu’elles alternent avec des canicules et sécheresses sont les effets tangibles et dramatiques de ce climat que nous déréglons.

 

Que dira la COP29 ? Toujours le même message : le monde n’est pas à la hauteur des objectifs que nous nous sommes donnés à Paris en 2015 lors de la COP21. En France, les travaux de planification écologique ont « chiffré » les efforts à faire secteur par secteur, mais ils n’ont pas, pour l’heure, donné le mode d’emploi pour y parvenir.

 

Deux des mesures les plus efficaces et qui ont fait consensus ces dernières années sont en panne : L’électrification des usages et la rénovation énergétique du bâtiment.

 

Une fatalité ? Non !

 

L’électrification des usages dans la mobilité, l’industrie et le logement ne peut se faire avec un prix de l’électricité aussi élevé. Pénalisée par des hausses de prix 4 à 5 fois supérieure à l’inflation, la consommation d’électricité a nettement baissé au cours des 10 dernières années. En 2024, elle sera inférieure à celle de 2004 alors même que la France a augmenté sa population de 10%. Pourquoi les français recourraient-ils à une énergie décarbonée en lieu et place d’une énergie fossile si la première est plus chère que la seconde. Il faut que le gouvernement accepte de renoncer à son projet de taxation de l’électricité. S’il n’en est pas convaincu au regard des enjeux climatiques, qu’il le fasse pour des raisons de souveraineté économique. En effet, chaque kWh électrique consommé en France, ce sont des euros conservés dans notre économie. Chaque kWh de gaz fossile ou de fioul consommé en France part presqu’exclusivement à l’étranger.

 

Second levier : la rénovation du logement. Est-il tabou de dire que ça ne marche pas ? Au rythme actuel, la rénovation du logement ancien du parc privé prendra des centaines d’années. Or, nous injectons des milliards d’euros dans cette politique. Qu’on le fasse pour le logement social, c’est un patrimoine quasi public, il est normal que cela soit nourri d’argent public. Qu’on le fasse dans le parc privé, c’est objectivement un puits sans fond. Un peu de benchmark permet pourtant d’entrevoir des solutions qui marchent dans d’autres pays. L’une d’entre elle, qui existe en Suisse et aux Etats-Unis, consiste à adosser la rénovation énergétique au logement et non au propriétaire. Expliquons cela par un exemple. Vous êtes propriétaire d’un logement ancien non rénové. Un établissement finance la rénovation. Le propriétaire ne rembourse à la banque que les intérêts (et une partie du capital s’il le souhaite), pour une mensualité modérée, par exemple autour de 150 euros. Le grand avantage de ce système est que le prêt est attaché au logement et donc sera remboursé par les propriétaires successifs sur la durée nécessaire pour amortir le montant important des travaux nécessaires, qui, sinon, sont hors de portée de la plupart des propriétaires mais aussi de finances publiques exsangues. C’est un peu comme si le logement poursuivait sa vie avec une charge de plus, comme d’autres charges induites, tels l’eau, l’assainissement, l’électricité, ou la taxe foncière.

Les banques sont gagnantes sur le long terme. Et à défaut d’un accord avec ces dernières dans l’immédiat, la Caisse des Dépôts pourrait amorcer la démarche. Il faudrait adapter le cadre législatif. A bien y regarder, prêter à la maison et non aux propriétaires serait une révolution des pratiques bancaires et des mentalités en France. Révolutionnaire peut-être, mais avec plus de chance de résultats que l’actuelle « pensée magique » qui consiste à répéter à l’envi qu’il faut rénover le logement sans dire réellement comment y parvenir.

 

Le coût ? Pour l’Etat, sans doute nul. 

Nous pourrions concentrer l’argent public dédié à la rénovation sur le parc social et  tertiaire des collectivités et de l’Etat.

Quant à l’électricité, c’est une énergie souveraine. A moyen et long terme, il ne peut y avoir que des bénéfices économiques.

 

Poursuivre l’électrification, faciliter la rénovation du logement… deux leviers clés pour le pouvoir d’achat et le climat.

 

Yann Wehrling

Vice-président de la Région Ile de France à la transition écologique

Ancien ambassadeur de France à l’environnement.

Budget 2025 : 

écologistes, soyons responsables nous aussi

 ­   

Faire déraper la dette aujourd'hui, c'est tout simplement ne plus pouvoir financer les politiques que nous voulons mener demain, y compris les plus vitales, telles que la transition écologique. 

 

Oui, il faut agir et le gouvernement le fait avec les instruments dont il dispose : augmenter les impôts et baisser les dépenses.

Pour autant, l'urgence avec laquelle le projet de budget a été élaboré, de l'aveu même du Premier ministre, n'a pas permis de rendre une copie parfaite.

Le débat parlementaire et les semaines et mois qui viennent doivent nous permettre d'ajuster au mieux la remise à flot de nos finances. Et parmi les ajustements, sans doute faudra-t-il en apporter davantage sur la transition écologique.


« Ecologique », et pas seulement « énergétique »


Précision importante au moment où nous constatons à regret que l'architecture gouvernementale s'est dotée de deux ministres en charge des questions énergétiques, et que le porte feuille de la biodiversité a disparu. L'écologie est un tout : climat, nature, eau, océans, air, ressources. Elle n'est pas tout à fait une politique comme les autres. Sans planète vivable, tout le reste devient anecdotique. Il faut donc, comme l'a d'ailleurs souligné le Premier ministre dans son discours de politique générale, penser aussi bien à notre dette budgétaire qu'à notre dette écologique. Une autre manière de dire que la fin du mois importe autant que la fin du monde.

Mais à la différence de bien des écologistes, nous refusons de céder aux facilités habituelles de l'extrême gauche qui est adepte de l'argent facile : facile à trouver dans la poche des riches et facile à dépenser, car le danger des déficits publics ne serait qu'une crainte farfelue de libéraux. Gardons la tête sur les épaules et vivons dans le monde réel. La situation actuelle impose aux écologistes de faire preuve de sérieux budgétaire... précisément pour sauver l'écologie.

 

Dès lors, quelles pistes explorer pour à la fois rester ambitieux pour l'écologie et raisonnable dans la dépense publique ?

 

  • Que cette contrainte budgétaire soit l'occasion d'enfin conduire une vraie revue des missions communes à toutes les administrations d'État, de toutes les collectivités, et de tous leurs opérateurs et organismes associés. Identifions tous les doublons pour les supprimer. Que l'État se décharge vers les collectivités locales d'un certain nombre de ces actions. Une loi de décentralisation réelle et tranchée est nécessaire avec pour ligne directrice : une action = un acteur public seul et unique
  • Autre source d'économie : évaluons l'incitativité des aides publiques. Autrement dit, vérifions que les actions aidées ne seraient pas en mesure d'exister sans appui, et déterminons quelles actions restantes les pouvoirs publics doivent prioritairement conduire. L'exemple du soutien à la décarbonation est parlant : un prix bas des énergies fossiles rend le recours aux énergies renouvelables trop onéreux sans aide publique. Le gaz et donc les émissions de gaz à effet de serre gagneraient la partie sans aide aux énergies renouvelables. Il faut donc maintenir, par exemple, le fonds chaleur dont c'est précisément l'objet.
  • Actons deux lignes directrices, en matière fiscale et budgétaire : le principe « pollueur/payeur » et la suppression (ou du moins la réduction) des subventions et dépenses publiques néfastes au climat et à la biodiversité. Bien entendu, à la lumière des impacts économiques et sociaux de ces deux actions, il est probable qu'il faille agir avec sélectivité... mais il est néanmoins fort probable que l'issue ne pourrait être que bénéfique pour le budget de l'État et pour la planète. Cette logique a d'ailleurs été amorcée dans le projet de budget 2025 avec le renforcement du malus automobile ou la TVA sur les chaudières au gaz. Ce serait aussi l'application concrète des engagements de la France pris dans les conventions internationales « climat » et « biodiversité » qui invitent les États à mettre fin aux subventions nocives pour le climat et la biodiversité.
  • Dernière suggestion : lançons une opération « écologie low cost », autrement dit, réfléchissons tous azimuts au coût des dépenses pour la transition écologique. À y regarder de plus près, de nombreux investissements aidés dans la transition écologique sont à des coûts souvent exorbitants. Un exercice pourrait être d'évaluer méthodiquement quelles sont les actions les moins coûteuses avec le meilleur bénéfice environnemental.

 

Le niveau d'investissement que nous devons faire dans la transition écologique doit rester important, mais il nous faut prendre le temps de les remettre à plat, les rendre plus efficients, faire la chasse au gaspi, aller à l'essentiel, prioriser sur ce qui marche et ne pas hésiter à abandonner ce qui ne marche pas.

 

Pensons la période comme une opportunité de faire des choix pour ne pas sacrifier la fin du monde sur l'autel de la fin du mois.

 

Tribune publiée dans le journal LA TRIBUNE

Écologie Positive est un parti politique écologiste crée en 2022.

Il défend une écologie qui propose des solutions et qui construit des compromis , une écologie de gouvernement, une écologie utile pour faire de la transition écologique une réalité.

ADHEREZ ! DON

Chacun d'entre nous, en France, émet en moyenne 10 tonnes de carbone par an.

Pour respecter les accords de Paris pour le climat et éviter un réchauffement climatique global qui dépasse les 1,5 degrés, nous devons émettre 2 tonnes pas an.

Pour savoir où nous en sommes, chacun d'entre nous peut faire son bilan. Je l'ai fait. J'en suis à 6 tonnes. Faites-le et estimez quels sont les changements que vous devriez faire dans votre quotidien. Très objectivement, ces changements sont acceptables.

TRIBUNE de fondation du Parti, publiée dans le Journal du Dimanche le 27 septembre 2022


Plusieurs personnalités politiques dont Yann Wehrling, ancien ambassadeur à l’environnement, Florence Portelli et Vincent Jeanbrun, proches de Valérie Pécresse, et l’ancien député LREM Loïc Dombreval lancent dans cette tribune leur mouvement politique Les Écolos, qui veut défendre une « écologie de gouvernement ».

Le mouvement Les Écolos sera présidé par Yann Wehrling, ex-Vert, ancien ambassadeur à l’environnement, aujourd’hui vice-président de la Région Île-de-France à la Transition écologique.

Dans une tribune publiée par le JDD, plusieurs personnalités politiques annoncent le lancement d’un nouveau mouvement politique. Baptisé Les Écolos, ce mouvement veut structurer une « écologie de gouvernement », « utile », en opposition à une écologie française qui, selon eux, s’est éloignée de l’action « pour s’inscrire dans la radicalité à gauche ».

 

Urgence écologique : commenter ou agir ?

Plus que jamais, c’est la question qui traverse aujourd’hui l’écologie politique.


Commenter, pour celles et ceux qui sont militants depuis de longues années, nous l’avons fait tant et plus. Dénoncer, manifester, c’est, sommes toutes, à la portée de tout le monde. Tout le monde le fait-il ? Certes non. Est-ce utile ? Oui, évidemment, car c’est une pression salutaire. L’inverse, à savoir une indifférence généralisée face à la crise environnementale serait désespérant. Mais au regard de l’urgence, est-ce suffisant ?

L’écologie politique en France a pu être, par le passé, une force politique qui s’inscrit dans une perspective de « parti de gouvernement » qui a su, précisément, passer du commentaire à l'action. Comme elle l’est d’ailleurs avec force en Allemagne, en Autriche et dans plusieurs pays européens. Mais en France, elle s’en est éloignée pour s’inscrire dans la radicalité à gauche. Dont acte.


L’urgence environnementale exige qu’une écologie de gouvernement se structure en France

Le constat est là : cette écologie s'emploie à diviser la société, à invectiver ceux qui sont parfois mal informés, mal préparés. Au contraire, dans une période où nous n'avons jamais eu autant besoin de nous rassembler pour anticiper et préparer la transition écologique, l’invective et la dispersion sur des revendications souvent totalement anecdotiques, nous fait perdre un temps précieux. Certains pensent que l’urgence écologique implique l’impatience et la colère, nous pensons au contraire qu’elle exige calme et esprit constructif. Et, disons-le clairement, la transition écologique passe nécessairement par la mobilisation du monde économique. Contrairement à l’extrême gauche qui les désigne en ennemis à abattre, nous, nous saurons leur parler.


Plus que jamais, nous devons rassembler les acteurs de l'environnement et unir la société autour d'une même cause.

Car l’urgence environnementale exige qu’une écologie de gouvernement se structure en France. Qu’est-ce qu’une écologie de gouvernement ? Qu’est-ce qu’un parti de gouvernement au fond ? Tout simplement un parti qui, sans rien renier de ses convictions et aspirations profondes, sans aucunement perdre de vue l’ambition la plus forte, cherche sans cesse, sur tous les grands défis qui sont face à nous, des compromis de société pour avancer et progresser dans la bonne direction. C’est vrai que cela conduit à accepter de prendre sur nos épaules le poids du réalisme, à considérer les points de vue opposés, à composer avec nos adversaires. C’est indéniablement moins confortable que d’indiquer au monde, le doigt levé, le verbe haut, la marche à suivre.


Nous créons un nouveau mouvement politique écolo, pour une écologie qui construit

Il nous faudra trouver ces compromis de société pour faire évoluer notre modèle agricole vers plus de durabilité, notamment dans l’usage des intrants les plus problématiques pour la biodiversité et la santé. Notre méthode ne sera pas de vilipender sans cesse les agriculteurs qui, pour une majorité d’entre eux, aspirent à des changements en profondeur. Nous avons devant nous des défis gigantesques pour préserver et économiser la ressource en eau qui, canicule après canicule, sécheresse après sécheresse, ne sera plus en situation d’abondance. Pour la plupart des ressources naturelles et matières premières, nous entrerons également en pénurie. L’économie circulaire, à savoir « chercher la matière première et l’énergie dans nos déchets », va devenir une question stratégique pour notre économie.


Nos activités peuvent-elles se concilier avec la préservation des espaces naturels et des espèces animales et végétales dans toutes leurs diversités ? Nous le croyons. Le défi énergétique et climatique, troublé par la crise en Ukraine, révélant l’immense fragilité de notre souveraineté énergétique, nous questionne sur le modèle que nous devons construire pour demain. L’énergie nucléaire ne peut plus être écartée. Même en Allemagne, son usage se révèle incontournable. Quant aux énergies renouvelables, notamment l’éolien, son acceptabilité peut atteindre des limites dans certains territoires. Pour autant, difficile d’y renoncer. Mais n’oublions pas les potentiels énormes que nous avons à développer avec le solaire sur les toits et parkings, les espoirs de la géothermie profonde et de surface, de l’hydrogène, et, surtout, les immenses économies d’énergie que nous pourrions encore faire et que la crise actuelle nous oblige à mettre enfin en œuvre sérieusement.


C’est cette envie de travail de fond qui nous anime, pour répondre très concrètement aux exigences des jeunes générations qui nous interpellent avec urgence, et à juste titre.

C’est pour cela que nous créons un nouveau mouvement politique écolo, Les Écolos, pour une écologie qui construit, une écologie de gouvernement, une écologie utile. »